22 octobre 2005
Foot, Quimper 2020.
Conférence de Presse du vendredi 21 Octobre au sujet du plan foot.
Quimper 2020 Foot
Notre ville unit ses forces aujourd’hui,
pour préparer ses victoires demain.
Unissons nos talents.

Les dispositions exposées aujourd’hui par Ludovic Jolivet, adjoint au maire de Quimper, chargé des sports, présentent un certain nombre de constats et une synthèse des échanges et des contributions qui ont eu lieu depuis 10 jours, avec l’Office Municipal des Sports, les quatre clubs historiques de la ville, les écoles de foot, le district, et la Direction Départementale de la Jeunesse et des Sports.
Marcel Le Mao avait été mandaté par la ville en 2000 afin de rédiger un rapport sur la situation du foot quimpérois. Depuis, la situation a quelque peut évolué dans la mesure où deux clubs ont été intégrés au sein de l’actuel FC Quimper-Penhars.
Cependant, la population ressent un certain ronronnement, un essoufflement de certaines structures, voire du foot en général, alors que le sport à Quimper bénéficie d’une bonne image dynamique, entreprenante. Cette image lui a valu d’être cité n°1 dans une enquête réalisée en début d’année. Les difficultés financières du SQ n’ont pas apporté d’embellie à la situation, mais l’ont accentuée.
En revanche, cette situation amène la ville à s’investir pour raisonner les dirigeants du foot et apporter des éclaircissements à la population.
Souvent, la population s’interroge sur ce que la collectivité réalise pour le foot, s’étonne de voir une ville de 65 000 âmes n’évoluer qu’en DH. Elle réagit d’autant plus quand le SQ tire la sonnette d’alarme de son état financier encore difficile.
Il ne faut pas ignorer la tradition cosmopolite du foot, sa simplicité, son universalité, son idéologie, qui parfois même devient l’expression idéale d’un sentiment. Mais ici à Quimper, nous sommes loin des ces idéaux.
Des propositions actualisées sont nécessaires, Car en cinq ans, la situation a évolué. L’offre sportive s’est accrue, les lieux de pratique aussi, le basket prend du terrain et le football reste sur ses acquis.
Nous devons remettre le football sur orbite dans notre ville.
Les clubs doivent porter un projet associatif et un projet sportif complémentaire permettant de revaloriser l’ensemble des niveaux de pratique, bref donner de l’enthousiasme au foot, celui qui fait défaut aujourd’hui.
En revanche, les clubs sont maîtres de leur destin. Ils doivent choisir et décider ce qu’ils veulent faire de leur discipline. Le rôle de la ville de Quimper est aujourd’hui de proposer un projet, un cadre, un objectif, sans se substituer aux clubs et aux instances du football chargés d’organiser les pratiques, les niveaux, les missions du football.
Les propositions sont les conditions pour créer ou favoriser la réussite du foot dans notre ville. Nous proposons, les clubs disposent. Rien ne sera imposé, rien ne sera décidé sans leurs accords.
Mais il est de la responsabilité des clubs de prendre en considération exceptionnellement l’intérêt général de leur discipline et non celle de leur club. Ils en ont la responsabilité devant la population et le mouvement sportif qui les regardent.
L’histoire ne s’efface pas, elle est gravée dans le marbre. Ceux qui leur ont légué les clubs leur ont donné une mission : la pratique et le développement du football.
Les temps ont changé, la société a changé. Aujourd’hui il y a des choix à faire, un chemin à prendre. Les dirigeants du football au plus profond d’eux-mêmes trouveront les ressources, la force de substituer « leur nature » à « leur culture ». Si ce projet est rejeté, ce qui est un droit, la collectivité ne tiendra pas rigueur aux clubs.
Les constats généraux du sport et du foot
« Les sports que l’on pratique et les sports que l’on regarde »
Le foot est la première pratique sportive de la ville (2 200 adhérents). Aujourd’hui, si il est confronté à une offre bien plus grande (80 disciplines contre une trentaine il y a 20 ans), nul ne peut contester cette discipline populaire par excellence.
En revanche, les sociologues évoquent maintenant les disciplines « que l’on pratique » et les disciplines « que l’on regarde ».
La ligue 1 et 2 « se regardent », tandis qu’en dessous de la CFA « on pratique ». Le public sait ce qu’il défend, sait ce qu’il regarde !
Il faut une force et une dynamique forte pour passer du sport « que l’on pratique » au sport « que l’on regarde » (sport spectacle).
Cette force est celle des dirigeants, de l’impact local, du capital sympathie, de la notoriété. Le chemin sera plus difficile que par le passé, car les sports que l’on regarde ont tendance à vivre en vase clos. Tout le monde aura noté que les apports financiers de la télévision sont partagés entre les ligues 1 et 2. Le sas que constitue la division nationale (D3) est encore une étape longue, aussi douloureuse …
« Des bonds de la Terre à la Lune … »
Le foot a fait des bons extraordinaires depuis les années 80. Ce fut d’abord l’arrivée de Canal+, puis la privatisation de TF1 et enfin la coupe de monde de 1998. A chaque fois les budgets et les surenchères ont fait des sauts surprenants. Les clubs bien implantés durant les années 80 ont tiré leurs épingles du jeu. Même des villes comme Guingamp, Auxerre, ont accompagné le mouvement. Si ces villes devaient le faire maintenant, elles auraient les difficultés que connaissent la majorité des collectivités qui n’ont pas pu et pas su prendre ce départ.
« Projet sportif et projet associatif »
A la différence de beaucoup d’associations, les clubs ont à la fois un projet associatif et un projet sportif.
Le projet associatif est distinct du projet sportif car il est basé sur le plaisir simple de rencontres, de projets.
Le projet sportif s’inscrit, quant à lui, dans une progression de niveau de pratique et une course à la recherche de budget afin d’amener chacun à son meilleur niveau. Les clubs se positionnent dans la plupart des cas sur un projet associatif et ensuite, en fonction des opportunités, mettent en place un projet sportif qui, lui aussi, vit sur plusieurs paliers ou niveaux. Un club peut se sentir bien sur un simple projet associatif.
Un autre club ayant un projet sportif élevé, sans projet associatif, peut lui vivre des moments très douloureux.
C’est probablement ce qui se passe dans le monde du football sur la ville de Quimper. Le SQ par exemple, doit impérativement mettre en place un sérieux projet associatif rassemblant des dirigeants, des joueurs, des bénévoles et un projet sportif, compris, validés par les membres de l’association, en sachant que c’est une lourde de mission.
Aujourd’hui, le projet associatif du SQ est en panne et il peine à trouver un chemin dans le projet sportif. Cela n’empêche pas d’obtenir des résultats sportifs encourageants, mais insuffisants à ce jour pour créer une osmose et la pérenniser dans la ville.
Le rôle de la collectivité est d’expliquer et aider les clubs à trouver un bon positionnement.
Le projet : Foot, Quimper 2020
Le projet, ambitieux et fédérateur, garde en revanche un ancrage au cœur des quartiers de la ville pour les éléments des écoles de foot.
Les écoles de foot, lieux de mixité sociale et réservoir de jeunes talents.
Aujourd’hui, en octobre 2005, « les clivages de clocher » ne permettent pas une évolution satisfaisante du niveau de pratique qui mécaniquement essoufflent les dirigeants en leur donnant peu de perspectives. Le renouvellement des dirigeants est faible. Plus les clubs ont des projets, plus ils les partagent, plus cela donne du sens à la mission du club. Les derby mobilisent mais ce n’est pas suffisant pour donner l’impulsion nécessaire pour faire vivre le club et pérenniser durablement son action.
C’est une fusion globale des clubs historiques de la ville, en travaillant sur les catégories d’âges et non en privilégiant les niveaux de pratique, plutôt discriminants.
Une entente sur les niveaux de pratique, rassemblant par exemple toutes les équipes « A » et « B », aurait mécaniquement créé « deux braquets » qui, à terme, favoriserait des tensions et des rivalités.
Si Quimper doit jouer son rôle « locomoteur » du foot dans le Sud-Finistère, il faut fédérer les synergies, les compétences, rester au cœur des quartiers en se basant sur l’existant.
Les écoles de foot dans le projet
Les écoles de foot, structures de proximité à large mixité sociale, sont présentes dans tous les quartiers de la ville. En revanche, le foot est plus que les autres disciplines, c’est une discipline où se retrouvent les couches sociales défavorisées car le coût d’adhésion est plus faible, le lieu de pratique est plus proche du domicile, le foot se pratique plus spontanément que les autres disciplines. C’est moins vrai qu’avant, mais c’est toujours vrai.
Dans le projet que la collectivité propose aux clubs, c’est d’affirmer la prédominance de ces structures au cœur des quartiers et d’amplifier leur rôle socio-éducatif et leurs missions.
Elles doivent devenir des véritables centres de loisirs sportifs et d’apprentissage de vie en collectivité. Le football en est le prétexte, l’élément fédérateur.
Par ailleurs, il faut lutter contre la sédentarité des jeunes publics, contre les problèmes liés au surpoids. Le sport est un des moyens pour y parvenir.
C’est un rôle important qui est donné au football, une reconnaissance forte de la collectivité. Pour réussir, il faut s’appuyer sur le réseau des cadres techniques des clubs existants et probablement intensifier nos efforts sur le recrutement de nouveaux cadres techniques et mieux reconnaître leurs missions.
Les parents peuvent aussi, si nous savons les accueillir, se faire une place dans le projet. Car aujourd’hui, on ne peut pas demander aux parents de s’investir sans accompagnement pédagogique dans le projet.
La ville et ses partenaires sont disposés, dans le cadre de ce plan, à organiser, avec le district de football, des stages de formation de l’encadrement. Cette formation permettra de :
- Donner du crédit à ceux qui encadrent, un diplôme est une reconnaissance d’acquis. Plus de 50 % de l’encadrement du foot dans notre ville n’a pas de diplôme. Objectif : porter à 80% en 4 ans.
- Donner les moyens de gérer des jeunes sportifs, des publics difficiles.
La collectivité pourrait entamer une réflexion, suite à des propositions d’aides spécifiques dans le cadre de ce plan, pour que les clubs salarient des cadres deux ou trois heures/semaine.
Enfin, la collectivité pourrait initier une aide spécifique aux jeunes des écoles de foot, dont les parents bénéficieraient de l’allocation de rentrée scolaire, dans le cadre d’une convention avec le club d’accueil, et envisager des aides au transport « domicile/lieux de pratique » sur la ville.
Au-delà des écoles de foot
Nous créons, sur la base du plus haut-niveau de pratique (DH, SQ), une structure fédératrice des clubs. Une nouvelle appellation, de nouveaux statuts qui seront collectivement écrits par les clubs partenaires.
Chacun des clubs jouera à son niveau de pratique d’aujourd’hui : DH, DSE, DSR, PH. Nous sommes en mesure de trouver des solutions appropriées pour les équipes « B ». Les équipes « C » posent moins de problème dans la mesure où aujourd’hui le mode de constitution est assez souple. Elles ne sont pas toujours complètes et nous avons remarqué de nombreux forfaits dans les statistiques de la saison dernière. Les évasions vers le foot corpo sont assez importantes à ce niveau de compétition.
En regroupant, renforçant et créant des groupes de pratique homogène, la nouvelle structure donnera du sens à chacun, avec l’assurance d’avoir une vraie équipe de niveau constituée.
Mais nous devrons nous attacher à trouver une place à chacun, même si nous savons qu’une cinquantaine de joueurs pourrait ne pas trouver de place dans leur niveau de pratique aujourd’hui dans cette nouvelle structure.
Les stades au cœur des quartiers
Les stades de Penhars, Kerfeunteun et Ergué-Armel auront, comme aujourd’hui, des matchs le dimanche.
Le public des quartiers y retrouvera les mêmes niveaux de pratique, probablement même renforcé, car le niveau des équipes sera plus important. Aujourd’hui, les joueurs ne sont pas attachés à leur club comme il y a 10, 20 ou
30 ans. La distance et l’appartenance à une équipe, une couleur, une ville sont très aléatoires. Les présidents de clubs font part du consumérisme de leurs adhérents. C’est une tendance forte, la notion d’appartenance à un groupe est éphémère. Nous n’avons pas l’ambition de changer les mentalités à ce sujet. Il ne faut pas s’inquiéter, si chaque joueur, pour l’intérêt du football dans notre ville, ne retrouve pas exactement sa place, place qu’il peut d’ailleurs, sans prévenir, quitter, laissant les dirigeants gérer leur départ intempestif. L’objectif de la nouvelle structure est de tendre vers la nationale sous 5 à 10 ans. Les autres équipes suivront l’évolution de la pratique. Ce qui permet une évolution notoire de chacun par rapport au niveau d’aujourd’hui.
Nous ne devons pas avoir dans la ligne de mire uniquement ce qui se passera la première année du regroupement, mais voir son efficacité dans les 5 ans à venir.
Tous les regroupements, les fusions qui se sont opérés depuis une dizaine d’années ont été bénéfiques pour le football en général. Les joueurs semblent plutôt favorables au projet.
Tranche d’âge 13/15 ans
Pour les jeunes de 13/15 ans, il faut, avec les partenaires, donner une nouvelle impulsion aux sections sportives scolaires. Par exemple Saint Jean-Baptiste et le Likès. Les chefs d’établissement sont favorables.
Nous réactiverons le centre de perfectionnement avec le district sur les quartiers sud-ville. Il s’agira de rassembler des élèves motivés, pour lesquels il sera possible d’aménager les horaires scolaires. Les professeurs d’EPS de ces établissements, créateurs de ces sections, sont motivés par cette ambition nouvelle.
Formation des cadres
Enfin, la formation des cadres est incontournable dans ce programme.
Le BE1 notamment, mais aussi l’initiateur, pour des jeunes footballeurs adultes, est un investissement personnel au profit d’un club. Le bénévolat n’est pas en crise. L’implication de chacun dans une mission collective au profit des clubs, d’une équipe, peut-être inventée tous les jours. Le bénévolat marche plus lorsque l’association n’est pas figée dans son projet, son fonctionnement, ses mentalités.
L’évolution d’un club, d’une discipline est normale. Les clubs de foot ont le droit et le devoir d’évoluer.
08:45 Publié dans La Une de la semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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