17 janvier 2006

Assemblée générale de l'OMS

Intervention de Ludovic Jolivet

Nous ne pouvons évoquer 2006 sans nous remémorer les temps forts de l'année 2005 dans notre pays.

Nous ne pouvons pas parler de sport sans évoquer les faits de société majeurs ou les débats qui rythment la vie de nos cités.

Le referendum et les nombreuses discussions qu'il a suscitées, les violences urbaines du mois de novembre dernier ne nous laissent pas indifférents.

Richesse et pertinence des débats

Le referendum a été un temps d'échanges vifs et argumentés, bien plus qu'une campagne locale …

L'OMS est aussi un lieu de parole, où chacun avec sa fougue défend son activité, son club, regarde dans « l'assiette du voisin », pour voir comment il a été servi …
Mais c'est aussi un lieu de débat stratégique sur le positionnement du sport à Quimper, un observatoire des pratiques qui permet l'anticipation sur la façon que, demain, chacun d'entre-nous pratiquera une activité sportive sur notre territoire.
Je crois que la profondeur du débat dépend de l'alimentation de celui-ci.

A cet égard, le « grand forum des clubs », notamment nos ateliers débats, qui aura lieu le samedi 11 mars prochain sur le thème « le sport et ses enjeux », permettra d'obtenir des éléments de réflexion qui sont utiles à tous, les dirigeants et élus du sport.

Il semble utile, pour garantir toute la place du sport au cœur de nos sociétés, de mieux appréhender l'ensemble des facteurs, des tendances qui font le sport, mieux comprendre et, à votre tour, mieux expliquer la place réelle du sport dans notre vie et au-delà des passions parfois exacerbées des uns et des autres.

Ceci permet sans transition d'évoquer les événements, les actes de violences urbaines que notre pays a vécu au mois de novembre.

Retour sur les troubles du mois de novembre 2005

Les lieux publics n'ont pas été épargnés, y compris les salles de sports. Cela nous a tous chagriné. C'est bien là une forte rancœur accumulée, dont l'Etat était la cible, qui s'est ainsi lâchée.

Notre ville a été épargnée. Le maillage de notre cité par le système associatif, les structures socio-éducatives de services publics ou les différentes formes de relais fonctionnent bien à Quimper.

A Quimper, nous repérons, proposons, accompagnons, orientons les uns et les autres dans leur projet, notamment les plus jeunes qui ont, comme nous tous, besoin d'être reconnus par la société.

C'est aussi notre vigilance sur les actions que nous entreprenons qui évite des dérives. Il est alors toujours le moment pour la collectivité de tirer, lorsque cela est nécessaire, la sonnette d'alarme. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'à un moment donné la ville sera montrée du doigt. Tout le monde assume jusqu'au moment où sur un autre terrain « on » viendra étaler des rancoeurs sur la place publique qui seront préjudiciables pour tous et décrédibiliseront l'action de tous.

Le déphasage qui existe parfois entre les dirigeants et les jeunes est souvent dû à un degré plus ou moins important de conservatisme de notre part, sur nos propres valeurs, en tous les cas une difficulté à évoluer.
Alors à certains moments, s'entrechoquent mutations économiques, incertitudes, questionnement sur l'assimilation, mondialisation. Le mélange est détonnant !

C'est là qu'intervient le sport. La création de lien, terreau de la reconnaissance, de l'acceptation des différences. C'est une lutte sans merci, pour ne pas laisser la nature prendre la place de la culture, cette culture qui permet à l'homme d'être un homme.

L'évolution du sport, donc du jeu, de la dépense physique, passe aussi par l'évolution des techniques et des règles. L'ouverture aux pratiques alternatives, le sport urbain, le sport outdoor sont aujourd'hui une nécessité contre l'exclusion.

Notre culture sportive est gravée dans une tradition de patronage, avec des disciplines codifiées depuis des dizaines d'années. L'évolution du XXI siècle nécessite, avec les techniques numériques et les images, une prise en compte plus forte des tendances nouvelles des demandes de la part des jeunes qui ne poussent pas la porte des clubs.

C'est la capacité à se renouveler et à captiver les pratiquants, dirigeants, bénévoles, supporters … par nos jeux, nos règles, nos fonctionnements, sans dogmatisme et idéologie flagrantes qui sont souvent synonymes d'exclusion. C'est une exclusion passive, comme il existe un égoïsme passif par opposition à l'égoïsme actif, volontaire. Et surtout faire la différence entre le consumérisme des adhérents et l'égoïsme.

Je préconise une pratique du sport la plus large et la plus diversifiée, sans opposition, dans le respect des équilibres. Vous le savez, aujourd'hui, plus l'homme vieillit, plus il pratique du sport, et plus il diversifie sa pratique.

En revanche, il faut faire attention à cette notion « d'équilibre ».
L'équilibre peut vite être une opposition des pratiques entre elles et des niveaux de pratique.
Nous ne sommes pas épargnés ici, dans notre ville, par des revendications corporatistes des pratiques.
Je ne souhaite pas donner au passé plus de place qu'au présent et au futur réunis, mais tout simplement donner la place méritée à chacun en fonction de sa forme, de sa vitalité et de ses talents.

Si nous sommes en mesure d'évoquer la nécessité d'équilibre, nous devons faire l'inventaire du plateau de la balance …


Audience du sport à Quimper

L'audience globale du sport c'est nettement améliorée. Par la place qu'il prend dans de nombreux dispositifs et de services à la population, dans et en dehors du temps scolaire, mais aussi parce qu'il rayonne plus et établit de nombreuses passerelles entre les activités possibles sur la ville. « Le forum des clubs », véritable vitrine grandeur nature, principale attractivité de la rentrée, a largement participé à cerner l'offre sportive de la ville.

Il faut rendre lisible et pertinente la politique sportive, aider non par une politique de guichet, mais par une politique de projet, adaptée à notre époque dans laquelle le sport est une mission de service public.

Ainsi, passer des contrats avec les clubs modifie la perception des Quimpérois pour le sport et le rend efficace à leurs yeux parce qu'ils comprennent mieux le sens de l'action et la mission des clubs.

Nous avons su faire émerger des « savoir-faire » et des « savoir-dire » qui propulsent le sport dans les rangs des outils régulateurs des temps sociaux. Vous êtes des acteurs majeurs et de plus en plus crédibles. Il faut continuer et ne pas relâcher les efforts.

Enfin, les Quimpérois sentent aussi la présence active du sport au sein de l'action municipale par les investissements dans les projets structurants.

A cet égard, je profite de l'occasion qui m'est donnée pour réaffirmer la nécessité qu'ont les clubs de construirent leur projet de développement dans le cadre des moyens que la collectivité est en mesure de mettre à leur disposition. Lorsque vous êtes tributaires d'un partenaire aussi essentiel, il faut travailler avec lui de concert, pour plus de cohérence.

Le métabolisme d'un club est plus rapide que celui de la cité qui se construit sur des décennies et des siècles. L'action au profit des publics va bien au-delà d'une seule génération …

C'est aussi par l'expression de la cohésion de l'action entre la politique sportive de la ville et le mouvement sportif, voire grâce à une concertation de tous les jours, que les Quimpérois placent le sport en numéro 1 de ce qui « fonctionne » le mieux à Quimper.

La ville et l'OMS

L'OMS est indépendant. Le positionnement qu'a souhaité le président Philippe Calvez, afin de donner vie à votre association n'a en aucun cas perturbé les relations et l'action avec la collectivité.

Chacun peut exister et entreprendre pour mieux vivre sa mission, il ne faut pas espérer pour entreprendre … et si cela permet aux sportifs de trouver leur compte, nous ne pouvons que nous en féliciter.

Certes, nous ne sommes pas d'accord sur tout, chacun jouant « son rôle » à « sa place ». Mais nous partageons une même ambition commune :

Le sport, l'association, sa mission dans la ville et la réussite de chacun dans ses projets.

C'est un beau programme qui mérite d'être vécu et partagé et surtout profiter de ces moments de bonne intelligence qui sont propices à la construction d'autres projets.

L'OMS doit être le partenaire sur lequel nous pouvons compter, l'interlocuteur qui sait prendre le recul nécessaire pour aider l'élu à décider, et être fier de dire : « ici nous travaillons ensemble, dans un diagnostic partagé, une gouvernance où prime l'intérêt général avant tout ».

Oui, l'OMS et la ville travaillent main dans la main et nous nous en réjouissons.

Sachez que je suis attentif à l'expression de vos projets, que nous gravirons ensemble les marches pour donner le meilleur à tous. Nous n'avons pas d'autres intérêts et d'autres idéaux.
Tout cela dans le plus grand respect, et si parfois les échanges sont vifs, ils n'en demeurent pas moins constructifs.

Les états d'âmes, eux, sont plus difficiles à gérer, mais mon devoir est d'ouvrir la voie et de faire une prospective juste, afin que demain, « être bien dans son sport, bien dans sa ville » ait encore du sens.

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