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30 juin 2008
Oui à l'excellence médicale
Le débat sur l’hôpital de Carhaix a définitivement pris une tournure politique. A une protestation sociale, puis à la défense des services publics et à une certaine idée du territoire, ont été mêlées des considérations idéologiques : Carhaix marque sa différence, Carhaix se veut être un emblème de résistance, celle des « laissés-pour-compte », celle des victimes et des pauvres. Le développement de ce véritable « complexe du martyre » laisse de côté le débat de fond, et joue la carte de l’émotion face au raisonnement : la question est pourtant simple, faut-il un hôpital et de quel type s’il en faut-il un ?
Le facteur démographique : un hôpital pour un bassin de 50 000 habitants ? Médecins et chirurgiens qui doivent pratiquer des interventions ont besoin d’une pratique intensive pour parfaire leur acte médical. Qui plus est, les Carhaisiens ne sont pas les premiers prescripteurs de leur hôpital. Les taux de fuite en sont un bel exemple : 55% en maternité, 70% en chirurgie ! Si les Carhaisiens n’y croient pas, n’ont pas confiance, pourquoi s’en prendre aux autres ?
Le facteur qualité : l’excellence au XXIe. En début de siècle chacun de nous peut exiger l’excellence dans la santé, la justice, l’éducation, la retraite… Cette excellence doit-elle être accessible à 500 m, 5 ou 50 km de son domicile ? C’est la question cruciale. L’homme a toujours travaillé à réduire toutes les formes de contrainte. La technologie et sa proximité sont des enjeux. Nous devons tendre vers une technologie de pointe à notre porte, mais cela a le coût des infrastructures, et ces mêmes technologies affranchissent les distances : ce maillage est désormais plus vaste en distance mais diminue en temps.
Le facteur socio-historique : une tradition de conflit et non de négociation. En France, la population aime les rapports de forces. Dialoguer avec les « ennemis de classe » est suspect. Notre pays cultive le souvenir de sa révolution, et préfère visiblement la confrontation, la violence et la brutalité au pragmatisme, au juste milieu et au dialogue. Cette vision binaire de classe, cette propension à confondre l’autre en adversaire puis en ennemi, est aux antipodes de la convergence des intérêts prônés dans d’autres pays européens dans le dialogue social. L’attitude des agitateurs qui encadraient les manifestations et cherchaient l’affrontement le prouve.
La légitimité du gouvernement dans la réforme hospitalière. Depuis de nombreuses années, de nombreux gouvernements jouent à saute moutons avec les réformes mais notre pays doit rester dans le peloton de tête. Il a besoin de réformer son administration et ses services pour qu’ils soient plus performants et répondent mieux à l’excellence attendue par les citoyens. La nécessité de transformer ces petits hôpitaux est une évidence. A Carhaix, plusieurs secteurs demeurent pertinents dans un schéma hospitalier : urgences, gériatrie et accompagnement du plan Alzheimer. Enfin, le pays, s’il veut conserver sa place en Europe, a besoin de réduire ses dépenses publiques non raisonnées, et un endettement plus préoccupant chaque jour.
L’attitude du gouvernement est ambitieuse et courageuse et nous la soutenons ! En revanche, nous ne partageons pas la méthode de Bernard Poignant, qui a soufflé le chaud et le froid en fonction de son auditoire. Je ne trouve pas qu’il ait fait preuve d’esprit de responsabilité. Il est juste, que nous ne considérons pas le Conseil Municipal comme une tribune nationale, au contraire des socialistes, qui à court d’idées aiment « en fumer » l’auditoire, compte tenu de faiblesse de leur projet pour la citée. Le terme de « lâcheté » employé par Bernard Poignant à l’égard de George-Philippe Fontaine démontre une certaine violence masquée et du double jeu dont le maire est un adepte.
22:20 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
Oui vous avez raison, poignant et les socialo jouent un jeu trouble. ne lâchez rien, soyez combatif
Jacques.
Ecrit par : jacques Péres | 01 juillet 2008

